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M5-RFP et Transition politique : Pourquoi les « ennemis » d’IBK s’autodétruisent

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Unis dans leur adversité commune pour obtenir la chute du président IBK, les responsables politiques du M5-RFP ont fini par se combattre pour l’émergence du pouvoir militaire.

Il ne faut pas oublier que le mouvement du 5 juin est un conglomérat d’acteurs politiques et associatifs dont le seul trait d’union était focalisé sur le nécessaire changement de régime, après une transition rondement menée au Mali.

C’est ainsi que l’imam Mahmoud Dicko incarnait une certaine légitimité du combat à hâter l’après-IBK dans un pays qui aspirait visiblement à un mieux-être, à une nouvelle gouvernance plus vertueuse donnant plus écho aux aspirations de la population. C’est pourquoi le mouvement contestataire était né plus tôt avec celui qui deviendra le leader de la CMAS, devenue une sorte de cheville ouvrière du M5-RFP. Ne doit-on pas se rappeler du rôle décisif  joué par l’Imam Mahmoud Dicko dans le limogeage du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga ? Ne doit-on pas retenir la montée au créneau du même leader religieux à propos de l’abandon du programme d’éducation sexuelle dans le pays ? Ce sont là les premiers déclics décisifs de la préparation du renversement d’IBK par la rue. Et c’est ce processus qui va se cristalliser et s’organiser pour fédérer les organisations comme la CMAS de l’imam Dicko, le FSD de Soumaïla Cissé et EMK de Cheick Oumar Sissoko, pour catalyser tous les mécontentements du pays.

Dans ces conditions, il apparaît clairement que les masses laborieuses drainées par le mouvement M5-RFP ne peuvent qu’être une alliance de circonstance. La preuve, les principaux leaders du M5-RFP donneront la main pour « dégager » IBK mais s’entendront difficilement sur la gestion de la Transition.

Et l’on assistera, avant même l’intervention du CNSP, à de nombreuses divergences de vue sur la stratégie devant permettre l’atteinte de leur objectif commun. L’Imam Dicko était même à un doigt de renoncer à obtenir « la démission d’IBK ». Mais, craignant être accusé de vouloir trahir cette contestation amplifiée, le leader religieux a fini par assumer le rôle de répondant moral du mouvement.

C’est ce qui fait qu’avec le « parachèvement » de la lutte avec le coup d’Etat du 18 août 2020, le leader de la CMAS a jugé que le M5-RFP avait accompli sa mission et qu’il devrait quitter la rue pour rejoindre sa mosquée. Un vent de realpolitik a convaincu d’autres leaders du M5-RFP sur la fin de leur mission contestataire. Surtout que les uns et les autres étaient conscients de la soif d’un nouveau départ pour un Mali quasiment grippé par 30 ans de démocratie en dent de scie.

C’est cela qui conduira le M5-RFP à se déchirer en clans rivaux pour tirer le peu de profit estimé de la Transition qui s’amorce. Ce qui a pu donner lieu à des spectacles peu honorables comme des scènes d’agressions et d’injures entre différents acteurs. Toute chose qui prouve que les carottes sont définitivement cuites pour ce qui reste du M5. Il ne reste à présent qu’aux leaders de la classe politique en général de se remettre en cause pour nouer d’éventuelles nouvelles alliances électorales en vue des prochaines échéances de conquêtes du pouvoir. C’est l’équation que doivent désormais résoudre Soumaïla Cissé, Dr Choguel Kokalla Maïga, Me Mountaga Tall et les autres.

Boubou SIDIBE/Maliweb.net

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Written by LAST OF AFRIKA

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